Desdemona

Tournage de "Desdemona", Thierry Bellaiche, 1991
Desdemona 1

L’officier (Pierre Pellet) en pleine tourmente…

 

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Photos de tournage par Alexis Rimbaud

 

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Synopsis :

C’est la guerre civile. Un officier doit commander l’exécution d’un prisonnier. Le peloton d’exécution est en place, n’attendant plus que les ordres rituels de l’officier, sous la surveillance des autorités politiques. L’officier et le prisonnier (un écrivain de théâtre « subversif ») étaient des amis proches avant la guerre, mais en désaccord idéologique. Quand la guerre a éclaté, ils se sont retrouvés dans des camps opposés. Au moment de commander le peloton, c’est un douloureux cas de conscience pour l’officier…

 

NB : dans la nouvelle de Charles Chaplin, l’action est située dans le contexte de la guerre civile espagnole, avec un officier franquiste et un prisonnier loyaliste. L’adaptation qui en a été faite pour le film situe l’action dans un pays indéterminé, au cours d’une guerre imaginaire…

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Je me dois d’avertir que la qualité technique du téléchargement tel qu’il apparaît sur Youtube est loin d’être optimale. La raison en est que je ne dispose malheureusement plus des supports originaux du film, c’est-à-dire les copies 35mm négatives ou positives. Le téléchargement provient d’une ancienne copie sur DVD, de qualité discutable, seul vestige de cette aventure…

 

 

Desdemona

26 minutes, 35mm couleur

D’après une nouvelle de Charles Chaplin, « Rythme ».

Production : Thierry Bellaiche / Tandem Films – Vic Demayo / Intereurope – Laurent Truchot

Réalisation : Thierry Bellaiche (à la mémoire de Victor Hayat)

Adaptation et dialogues : Alexis Damiens

Textes des comédiens : extraits de « Je meurs comme un pays », de Dimitri Dimitriadis

Distribution :

L’officier : Pierre Pellet

L’écrivain : Rémi Bleibtreu

Les comédiens : Jean-Jacques Velicitat, Fabrice Dupuy, Claude Josancy

Le caporal : Jeff Luneau

Le guetteur : Christophe de Mareuil

Les Autorités : Antoine Garabédian, Ahmed Rezgui, Frédéric Lair

L’employé : Emmanuel List

Le fuyard : Julien Pillet

Les soldats : Andres Jarach, Luc Mandraud, Julien Muel, Eric Feldman, José Sanchez, François Heinrich

Equipe :

Premier assistant mise en scène : Christophe Vallée, Laurent Roggero

Deuxième assistant mise en scène : Eve Briand

Scripte : Djamila Missoum

Directeur de la photographie : Farzin Khosroshahi

Premier assistant opérateur : Pierre Berthier

Deuxième assistant opérateur : Isabelle Fernon

Accessoires : Richard di Paola

Supervision des costumes : Nicole Bize

Costumes : Marine Damermant

Habilleuse : Samia Edel

Supervision du maquillage et effets spéciaux : Antoine Garabédian

Maquillage : Claudine Erades

Ingénieur du son : Stephen Busk

Perchman : Emmanuel Letellier

Chef Machino : Frédéric Marais

Machino : Eric Feldman

Chef Electro : Sébastien Gaulon

Electro : Julien Muel, Pascale Servoz-Gavin

Régie : Dominique Rémy, Richard di Paola, Emmanuel Seguier

Photographe de plateau : Alexis Rimbaud

 

Post-production réalisée grâce à l’aimable concours de M. Claude Villand

Montage : Eric Carlier, Françoise Combes

Bruitage et ambiances sonores : Nicolas Becker

Mixage : Fabien Adelin, Joseph Catricala, Christian Fontaine

Musique Alain Bellaiche

 

Remerciements :

Antoine Garabédian, Amos Gitaï, Claude Villand, Jacques Faure, Madame Paumier, Philippe Marulaz, Pascal Luneau, Christiane Rebelo, Anna Ruiz, Pierre Lehré, François Pinelli, Fabrice Barrault, Clémentine Thomas, Dominique Boitelet, Catherine Benazeth, Frédéric Lemaire, Jean-Pierre Gimbert, Cathy Nouchi, Francine Altwegg, Monsieur Heuzé, Monsieur Courtes, Aline Gimeno, Christian Fontaine, Jocelyne et Jean-Pierre Bellaïche, Muriel Abitbol, Laurent Truchot

 

Laboratoire : L.T.C / Post-production : Paris Studios Billancourt / Matériel électrique : Locaflash / Matériel machinerie : Télégrip / Armes : Maratier / Pellicule Agfa / Matériel caméra : Alga Samuelson

 

Je me souviens…

 

19 décembre 1988, vers 21 heures. J’ai vingt-quatre ans et des brouettes. Je viens de garer ma petite bagnole, une 104 Peugeot grise (donnée peu de temps auparavant par ma maman !), à l’angle de la rue Ernest Renan et de la rue de Vaugirard, dans le 15ème arrondissement de Paris. Ma petite amie de l’époque sort, claque la portière de son côté, et se dirige vers son immeuble. Je sors à mon tour, referme la portière, puis j’y introduis la clé pour la verrouiller. A cet instant… plus rien. Pas un son. Pas une image. Le trou noir. Je suis allongé, dos sur le sol. Je ne ressens pas de douleur. Pourtant, je sens que quelque chose ne va pas. Qu’est-ce que je peux bien faire allongé en pleine rue ? J’entrevois ma petite amie penchée au-dessus de moi, le visage décomposé, le regard perdu, paniqué, impuissant. J’essaie de lui dire quelque chose. Impossible. Ma bouche ne répond pas aux ordres de mon cerveau. Ma bouche est inerte, ensanglantée, du moins je m’en doute, je sens un goût âcre, une matière visqueuse envahit ma gorge. J’essaie de me relever. Impossible. Mes jambes ne répondent pas. En relevant un peu la tête, je vois beaucoup de sang sur moi, sur ma chemise. Sur ma droite, ma petite 104, enfoncée, pliée en deux. Sur ma gauche, une grosse bagnole, un tank genre Volvo ou BMW, barrant la rue Ernest Renan. Je me trouve pile entre les deux. Je ne vois plus ma petite amie, mais je l’entends crier, alerter le voisinage comme elle peut. Pas grand-monde à cette heure-là, dans ce bon vieux 15ème… Le trafic continue rue de Vaugirard, sans s’interrompre… Je n’ai toujours pas mal, mon corps est tétanisé. J’ai les yeux grands ouverts.

Quelques instants plus tard, le SAMU. Direction Salpêtrière. Urgences. Opération immédiate. Beaucoup de dégâts : lèvre supérieure cisaillée horizontalement de part en part, pointe de la langue sectionnée, dents cassées, gencive inférieure fracturée, double fracture du nez, menton ouvert, n’en jetez plus !

J’apprendrai plus tard qu’un vieux schnock de quatre-vingt cinq balais avait perdu le contrôle de son véhicule en venant de la rue de Vaugirard, au moment où je verrouillais la portière de ma voiture garée à l’angle. Il a foncé droit sur moi, j’étais de dos, je n’ai rien vu venir, ni entendu. Tout est allé trop vite. Le choc a projeté ma tête à travers la vitre de ma portière. D’où le mirifique tableau de ma tronche dressé ci-dessus…

(Suite page 2)