Sang

 

 

IMPROMPTU N°100

 

 

« Tâchez que vos démons vous inculquent la flûte ! Flûte d’abord ! Regardez Shakespeare, lycéen ! 3/4 de flûte, 1/4 de sang… 1/4 suffit je vous assure… mais du vôtre d’abord ! avant tous les autres sangs. L’Alchimie a ses lois… le « sang des autres » ne plaît point aux Muses… »

Louis-Ferdinand Céline, « À l’agité du bocal », lettre ouverte, 1948.

 

Le contexte de l’extrait placé en exergue est le suivant.

 

Jean-Paul Sartre (que Céline, lui répondant dans une lettre ouverte, pour d’obscures raisons mais bien volontairement, n’appellera pas autrement que Jean-Baptiste Sartre), dans un article paru dans Les Temps modernes en décembre 1945 et intitulé Portrait d’un antisémite, portait, au milieu de son déchaînement de blâmes contre Louis-Ferdinand Céline, cette terrible accusation : « Si Céline a pu soutenir les thèses socialistes des nazis, c’est qu’il était payé ». Ce n’est qu’en octobre 1947 que Céline, fraîchement libéré de ses dix-huit mois de détention dans une prison au Danemark (mais toujours en résidence surveillée au bord de la Baltique), prit connaissance de cet article, par la communication que lui en fit son ami Albert Paraz. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’irascible Louis-Ferdinand, à qui il n’en avait jamais fallu beaucoup pour défourailler les crocs, de surcroît sortant lessivé de plusieurs années dans la monumentale galère de l’Occupation et de la guerre, achevée pour lui en exil, au gnouf à Vestre Fængsel, taule principale de Copenhague (poursuivi par la justice française pour « faits de collaboration »), le moins que l’on puisse dire, donc, c’est qu’il n’a pas beaucoup apprécié la charge accusatrice du philosophe existentialiste à son encontre, et pour tout dire, qu’il a vu rouge, un rouge bien soutenu, bien vibratile, bien excitant, le rouge de la muleta devant le taureau fulminant, le rouge-sang de la colère… Agrippant (ou agrippé à) sa plume la plus vitriolée, il répond en novembre 1947 à Sartre dans une lettre-pamphlet des plus inspirées, des plus frénétiques, À l’agité du bocal, qui ne sera publiée qu’en novembre 1948 dans Le Gala des vaches, ouvrage d’Albert Paraz dans lequel cet ami fidèle tentait de développer une défense de Céline. Lettre-pamphlet qui cependant passe inaperçue au moment de sa publication aux dernières pages du Gala des vaches, sans doute – c’est du moins une raison que l’on peut raisonnablement supposer – parce qu’un personnage aussi extrême, aussi cru, aussi démesuré, aussi ostracisé que Céline ne pouvait pas trouver d’audience complaisante et bienveillante en 1948, personnage à bannir du cercle national des bons Français en temps de « pureté » retrouvée, tant il est bien connu qu’à partir de 1945, il n’y eut plus en France que des millions de nobles et formidables « héros de la Résistance »… Y compris bien sûr ce bon Jean-Paul ou Jean-Baptiste, si facilement outragé, si rapidement « indigné », ah le Grand Truc-Machin-Chose de notre belle époque à nous, le « syndrome Stéphane Hessel » ça pourrait s’appeler, ou le oui-ouisme de la pensée, ça vient beaucoup du bon pépère Sartrounet, il a beaucoup essuyé les plâtres dans ce domaine, le plus fortiche des forts en thème question vertu immaculée, qu’il en a même contaminé toutes les générations suivantes ce bon dieu-philosophe, pour finir dans l’eau de boudin de tous les Indignez-vous ! De tout, de rien, de n’importe quoi, et de préférence, tout le temps ! Sartre ! Oh le joli héros ! L’un des bons gros aînés de la bien-pensance dont nous finissons de crever aujourd’hui dans l’anesthésie générale, Sartre ! Robespierre aux petits pieds de la sacro-sainte morale dans la pensée, de l’antiracisme germanopratin, de l’antifascisme de boudoir, Sartre ! qui se jeta en 1941 sur un poste de prof de philo dans la Khâgne du lycée Condorcet (c’est qu’il faut le comprendre, il avait besoin de bouffer comme tout le monde le pauvre garçon, avec son « gros petit bidon » – toujours LFC !), poste providentiellement laissé vacant par l’éviction du professeur Henri Dreyfus-Le Foyer, viré comme un malpropre par les toutes récentes lois anti-juives de Vichy (octobre 1940, ils n’ont pas perdu de temps…), et du sort duquel l’humaniste Sartre ne s’est jamais soucié ni « indigné » une seule seconde (révélation faite par une chercheuse allemande, Ingrid Galster, grande spécialiste de Sartre et de Beauvoir, dans Sartre sous l’Occupation et après, Nouvelles mises au point, 2014), mais passons, passons, c’est un « détail », arrête de plomber l’ambiance crétin, c’est la centième, réjouis-toi plutôt merde ! La vie est belle ! Vive la vie et vive le vent, vive les filles en tablier blanc, vive la vie et vive le vent et vive le printemps !

 

Dans le passage cité (et dans presque toute la lettre à vrai dire), Céline se moque copieusement de ce qu’il considère être la lourdeur, la pompe, l’académisme du style de Sartre, décochant quelques lignes auparavant, à propos de son théâtre (Notamment Huis clos, franc succès devant les officiers allemands, dûment invités à la première en mai 44 !) : « Je ne vous trouvais ni dansant, ni flûtant, vice terrible à mon sens, je l’avoue… ». Il recourt ainsi à une classique comparaison entre littérature et musique, la première ayant toujours – particulièrement dans le registre poétique – cru trouver dans la seconde une sorte de modèle, de référence, ou même d’idéal à atteindre, comme si la musique était le Graal à conquérir pour tout écrivain aspirant à autre chose – comme l’expliquait très bien le Paul Valéry théoricien de la poésie, dans L’Infini esthétique par exemple – qu’à une exploitation purement pratique ou utilitaire – fût-elle « intelligente » – des mots. Tout le monde en conviendra… « Faire de la musique » dans et par l’écriture, c’est bien souvent, toutefois, chez ceux-là même qui s’en prévalent, se payer de mots, mais enfin, l’intention est excellente, l’idéal est légitime, laissons pour l’heure tourner la valse des poncifs ambiants (comment l’arrêter de toute façon ?), les fanfarons à leurs fanfaronnades, la fanfare aux nazes ne manquera jamais quoi qu’il en soit de se rappeler au martyre interminable de nos tympans suppliciés.

 

Mais Céline, mine de rien, soulève un autre sujet, plus rare, plus délicat peut-être, et certainement plus profond, un problème de taille à vrai dire. Le sang. Le sang dans l’écriture. Certes, on pourrait revenir au tout début, à l’origine des choses, et se fendre d’une belle tautologie : le sang, c’est la vie. Ben oui mon con… Pas de sang, pas de vie. Sang vicié, vie en danger. Sang pourri, vie en sursis. T’en as d’autres comme ça ? Il faut bien du sang pour vivre, donc pour écrire, et nous voilà bien avancés…

 

La « flûte » dont parle Céline, appliquée à l’écriture, tout le monde y pense désormais, du moins en tant que « métaphore », probablement parce que ça fait bien. C’est bien rentré dans les « façons de penser », à force… Ça a quelque chose de léger, d’aérien, de bucolique, de « fédérateur » – comme on dit maintenant –, oh la jolie petite flûte, joue-nous donc un petit air mon petit Martin ! Ça se comprend aisément. Ça ne mange pas de pain, la petite flûte. La flûte, c’est la musique, et la « musique des mots », ce serait plutôt devenu de la pâtisserie, cette bonne vieille tarte à la crème rance repassée de Nothomb en Orsenna, de Bussi en Besson, d’Ormesson en Gavalda, de Et en Cœtera : il faut (tous le disent en chœur ou en solo, faut donc les croire ! Un bon vendeur-pipeauteur a toujours un argumentaire en béton et prêt à l’emploi !) que l’écriture chante, module, vocalise, gazouille, machicote, ténorise ou barytonne, bref qu’elle nous enchante de ses prouesses musicales… Soit. On oublie trop souvent qu’elle peut hurler aussi, éructer, vomir, gronder, s’époumoner, et que ça peut être encore de la musique, et de la bien belle : voir – et surtout entendre – les grands hurleurs magnifiques, Brian Johnson, Johnny Rotten, Zach de la Rocha, Kurt Cobain, etc., que les âmes flûtières et flûtonnantes – bien trop raffinées – ne prendraient certainement pas pour « modèles » et qui cependant, à mon sens du moins, montrent que le cri, la tripaille sanguine bien cuisinée, peut se faire musique, puissante, ravageuse, entêtante… ce que Céline, lui, a parfaitement compris. Et exécuté. Mais n’ergotons pas. Tout ça pour dire : combien de tonnes de métaphores pour illustrer le caractère « musical » de l’écriture ? N’en jetez plus !

 

Mais le sang, qui y pense ?

 

C’est que le sang, ça pose plein de problèmes… Pas aussi simple, pas aussi œcuménique que la musique… Le sang, ça tourne vite au trouble, à l’ambigu, au « vinaigre » pourrait-on dire, et c’est pas la même chanson, quand c’est entonné d’une certaine manière. Le sang divise. Le sang provoque. Le sang déchaîne les passions. Le sang n’est jamais très éloigné de certaines veines idéologiques qui voudraient l’interpréter de telle ou telle manière, on n’hésite pas à parler de pur sang pour un canasson, mais quand le sujet se met à couler du côté de l’humain, attention les yeux, des tas de cauchemars nous reviennent, l’obsession du sang pur, le bon vieux (et bien proscrit) Gobineau et son « inégalité des races humaines », et les bons Aryens (ha ha !), et l’eugénisme et ses gènes de génie, enfin on nous dit que c’est pas bien de parler de ça, suspect à souhait, terrain trop glissant, comme une flaque d’hémoglobine sur une scène de crime… Trop de tabous peut-être là-dedans, il faudrait pouvoir parler de ces choses-là dans la nuance, dans les contrastes, dégagé des enclumes de l’Histoire que nous portons dans la tête, eh oui mes bons apôtres, il n’y a pas que des conneries chez Gobineau (je précise à toutes fins utiles que contrairement à beaucoup de ceux qui déblatèrent à ce sujet après avoir – au mieux – parcouru l’article de Wikipedia, je me suis farci les 1200 pages de L’Essai sur l’inégalité des races humaines, ouvrage des plus discutables en effet sur pas mal de points, mais loin d’être aussi sulfureux ni même aussi « racialiste » que la pensée unique – ou l’ignorance – généralisée le dégoise aujourd’hui, omettant dans le même temps de rappeler – entre autres – cette belle déclaration de Saint-Jules Ferry devant la Chambre des députés le 28 juillet 1885 : « Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures » – fin de cette anodine parenthèse), mais je rêve, l’époque est au monolithe « intellectuel » irréfragable à tous les étages, à la dictature des idées reçues et autres resucées, je le sais bien, sans compter que l’attitude « symétrique », ces couronnes tressées en permanence désormais à la « gloire du métissage », comme si c’était devenu – mais attention, seulement pour les « petits Blancs », sommés de s’y soumettre ! – une obligation morale, une preuve nécessaire de conformité face aux nouveaux tribunaux d’Inquisition de la gauche-sangsue (pour ne pas dire un certificat d’antiracisme !), sans compter, donc, que cette pressante prescription n’est pas moins une idéologie, et de la plus sectaire espèce, que celle consistant à vouloir préserver et continuer – par obligation collective – une « race pure »… Dos à dos moi je les renvoie ! Même malodorante béchamel à fuir !

 

Mais je m’éloigne un peu du « sang » de Céline… Revenons-y. Le sang « racial », le sang collectif d’un groupe, n’est pas celui auquel il pense dans sa diatribe contre Sartre. Bagatelles pour un massacre, L’école des cadavres, Les beaux draps sont déjà loin (ce qui certes ne l’excuse en rien), et lorsque vitupérant contre l’agité du bocal, il recommande à son accusateur de recourir au sang, au sang dans l’écriture, il pense bien au sang individuel, celui que l’écrivain, selon lui, doit infuser, perfuser dans l’acte, on pourrait dire dans la vocation même d’écrire. Ça mérite réflexion moi je trouve… « Bon sang ne saurait mentir » dit-on, peut-être que mettre de son sang dans son encre c’est y mettre un peu plus de vérité (parce que ça coûte) qu’en n’y mettant que des idées, de l’ « âme », ou ce genre de truc. Voyons un peu…

 

La modification de son sang amène Henri Michaux à écrire autrement. Il voulait « prendre conscience » de son sang… Il fait l’expérience des drogues, non pas pour les drogues elles-mêmes, non pas pour le fameux « trip » psychédélique ou autre, mais pour observer, analyser et restituer les transformations physiologiques qu’elles provoquent en lui, dans son sang, phénomène qui devient passionnant pour lui précisément parce que in fine, c’est sa façon d’écrire qui en est transformée : le sang est passé dans l’écriture. Le sang nouveau dans une écriture nouvelle. Véritablement obsédé par une sorte d’ultime vérité à trouver en soi-même, c’est vers son sang qu’il s’est dirigé, c’est son sang qu’il a voulu explorer. Ce n’est qu’un exemple qui me venait par association avec le « sang individuel » de Céline, le sang à sacrifier dans l’écriture, mais je vais en prendre un autre, qui montrera peut-être toute la difficulté qu’il y a à regarder en face certains paradoxes, certaines complexes réalités que cette époque d’infantiles simplifications vomira sans doute en toute indignation, ce qui me réjouit par avance… Et cet exemple nous ramène, justement, à Louis-Ferdinand Céline.

 

Je livre ici un long passage – croyez-le bien, ça vaut le coup – d’une lettre de Céline à son ami Lucien Combelle, en 1943, au sujet de Marcel Proust et de À la recherche du temps perdu (Céline « confessera », dans ses dernières années, toute l’admiration qu’il avait pour Proust, mais c’est une autre histoire…) :

 

« Ils ont beaucoup ergoté autour de PROUST. Ce style ?… cette bizarre construction ? … D’où ? qui ?… que ?… quoi ?…Oh c’est très simple ! TALMUDIQUE – Le Talmud est à peu près bâti, conçu comme les romans de Proust, tortueux, arabescoïde, mozaïque désordonnée – le genre sans queue ni tête. Par quel bout le prendre ? mais au fond infiniment tendancieux, passionnément, acharnément. Du travail de chenille cela passe, revient, retourne, repart, n’oublie rien, incohérent en apparence, pour nous qui ne sommes pas juifs, mais de « style » pour les initiés ! La chenille laisse ainsi derrière elle tel Proust, une sorte de tulle, de vernis irisé, impeccable, capte, étouffe, réduit tout ce qu’elle touche et bave rose ou étron – Poésie proustienne, conforme au style, aux origines, au sémitisme ! désignation enrobage des élites pourries, nobiliaires, mondaines, inverties, etc… en vue de leur massacre. Epuration. La Chenille passe dessus, bave, les irise. Le tank et la mitraillette font le reste.

Proust a accompli sa tâche talmudique. Vous me pensez obsédé ? mon dieu non ! le moins du monde !

Vive Proust ! Vive le Talmud ! si vous voulez. Ils ne sont pas indifférents. Loin de là. Je suis tout prêt à reconnaître le génie talmudique. Cent mille preuves hélas ! La dissimulation, la supercherie, seules me blessent. Notons encore que Proust sauve, tente de sauver sa propre famille des massacres spirituels qu’il réclame et pratique pour nous ! D’où cette tendresse cet apitoyement [sic] sur la grand-mère – fort bien venu d’ailleurs, j’en conviens, réussi, et dont tous les critiques aryens à juste titre s’émerveillent. Vous me voyez un peu prévenu – »

 

Or voilà. Marcel Proust a été élevé exclusivement dans la religion catholique, conformément au contrat de mariage qui unissait Jeanne Weil, sa mère juive, et Adrien Proust, son père catholique. Et bien que Jeanne ne se soit jamais convertie au catholicisme, tenant à rester fidèle à la religion de sa lignée, Marcel et son petit frère Robert n’ont connu que le rite catholique et d’une façon plus générale, la culture qui en est le soubassement. Autant dire que Marcel n’avait pas le moindre début d’une ébauche de notion de ce que pouvait être le Talmud, son type d’écriture, sa construction, ou les rites et les lois de la religion juive, ou la langue hébraïque, rien, que dalle, nib ! Mais alors… Et c’est là que ça se corse et que ça devient foutrement intéressant, moi je trouve… Alors donc, comment se fait-il que l’analyse de Céline sur la nature profonde de l’œuvre de Proust soit aussi profondément juste ? Comment expliquer que Céline soit le seul « critique », parmi les milliards de personnes toutes plus « spécialistes » de Proust les unes que les autres, à avoir compris l’inspiration peut-être en effet la plus impénétrable, la plus ésotérique, et sans doute la plus puissante, de l’œuvre proustienne ? Comment se peut-il que cet homme, que l’on dit – souvent avec une sorte d’horreur feinte, mais passons… – « aveuglé par son antisémitisme », soit le seul esprit sur cette terre à avoir saisi, senti, flairé, le génie juif de Marcel Proust, que livré à sa détestation, il se plaisait à appeler, dans Bagatelles pour un massacre, « cet enculailleur irrésolu poitrineux » ?

 

Le sang. Céline avait – pour le meilleur et pour le pire, dira-t-on – le sens du sang. Il savait d’instinct ce que le sang porte en lui, ce que le sang donne irrémédiablement à celui en qui il circule, ce que le sang vaut pour une œuvre littéraire (ce qu’il reproche à Sartre, avec grande raison à mon avis, ne n’avoir jamais compris, ne fût-ce qu’un tout petit peu), bien plus profondément que l’ « intelligence », l’éducation, la culture, ou le vernis de civilisation ou de « pensée » dont nous nous prévalons.

 

Et du reste, cerise sur le gâteau, cette « thèse », que certains ne manqueront pas de prendre pour du bon vieux racisme biologique, de la croyance archaïque dans les « vertus – forcément inégalement réparties ! – du sang », a été en quelque sorte confirmée « par anticipation » par Marcel Proust lui-même, dans une lettre de novembre 1918 à son ami Lionel Hauser, au moment de ce post-scriptum qui a de quoi nous laisser pantois :

 

« Ce Post-Scriptum est ce qu’il y a de plus important, mon cher Lionel. C’est toujours le dernier testament qui est le bon, sauf peut-être en matière biblique, où j’ai certaines préférences ataviques pour l’Ancien malgré la beauté du Nouveau Testament. »

 

« Préférences ataviques »… C’est-y pas beau ? Marcel, qui savait qu’il ne savait rien du judaïsme, savait que ça coulait en lui… Et il savait que « quelque chose » en lui, reçu en héritage à la naissance, quelque chose d’absolument non communiqué par l’éducation ou la culture, écrivait – aussi – son œuvre. Le sang. Et il donnait ainsi raison, par avance, à celui qui des années plus tard, se dirait sans détours son pire ennemi, et qui serait pourtant le seul à le comprendre dans ses inaccessibles profondeurs… La vie est bien compliquée, et les idéologies sont bien pauvrettes en face d’un truc aussi vertigineux, hein ma bonne dame ?

 

Le sang, à condition de savoir le laisser parler, jaillir, exploser et nous exposer, a beaucoup de choses à dire. C’est ça aussi, une vocation.

 


 

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