Las Vegas (Roue de l’infortune)

Photos © Thierry Bellaiche

 

Las Vegas, épisode précédent : Las Vegas (monde réel) 

 

 

Pas besoin de se prendre pour Claude Monet peignant le portail occidental de la cathédrale de Rouen !… The « Encore Hôtel-Casino Resort » de Las Vegas à différentes heures du jour ? Pis quoi encore, cette bonne blague ! Certes, à la rigueur, quand d’un seul coup on n’a plus que ça à foutre… C’est long, une journée à regarder traîner le soleil… Un passe-temps de désœuvré ruiné, de bobo parisien échoué dans la Ninive du Nevada, pas même pour l’amener à se racheter (je veux dire sa population de demeurés) par un puissant prêche prophétique, façon Jonas régurgité par le « Gros Poisson », ayant enfin emprunté la bonne direction et accepté son destin au lieu de se la jouer « Courage fuyons ! » et d’aller ronfler au fond d’un rafiot de fortune ! Il a payé cher le doux Jonas ! Cher la désobéissance non pas civile mais divine ! Voilà ce que c’est de pas écouter un ordre d’Un plus grand que soi ! « Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent ». Michel Audiard aurait fait un bon commentateur de la Bible, et c’est peut-être ce qu’il a été d’ailleurs : pas toujours besoin de savoir qu’on l’est pour l’être. En attendant, 100.000 dollars au soleil, fondus comme du beurre… J’ai fait le con au cazin, le con ! Merde !

 

Ah mais mon bon ami, c’est que la terre tourne, comme la roulette du casino ! Comme les yeux crépitant de néons et d’espoir suivant le tournoiement de la bille blanche dans la cuvette aux numéros ! Comme la chance, qu’on dit ! La Roue de la Fortune ! Crrrrr, clank clank clank, merde ! Un peu grippée ce matin ! Et le soleil se lève, pâlichon au réveil, puis il prend de l’assurance et se gonfle comme le jabot d’un coq, puis il se ballade orgueilleux sur toutes choses, puis il frime au zénith, droit dans ses bottes cosmiques, nous toisant de toute son inaccessible hauteur, puis il commence à décliner, puis il commence à toussoter, mais Dieu qu’il est beau à ce moment-là, plus modeste et plus doux enfin, puis il va se coucher, ce que tu aurais dû faire toi aussi hier soir, au lieu d’aller engouffrer tes dollars de souffrance dans le tourbillon de l’infortune commune ! Mais il reste ton petit appareil photo ! Et une journée longue comme un jour sans fric, à regarder cette façade, Encore et Encore…

 

Après la pluie le beau temps ma bonne dame !

 

Voilà… Après l’histoire de la nuit désastreuse du Caesars Palace (voir Las Vegas (monde réel)), mon cerveau est un peu parti en vrac… Lendemain qui déchante, coq occis… plus même un petit filet de chant pour s’élever dans la basse-cour aux jolies poulettes multicolores éclairées au néon dans le néant du désert… La petite voix s’emballait toute in petto, dégorgeait tout ce qu’elle pouvait, elle m’emmerdait bien pour tout dire… Puis elle s’est tue. Bonheur. Je pouvais passer à autre chose.

 

Lien : une présentation très intéressante du Livre de Jonas, “prophète rebelle”, dans cette page du site Lamed 

 


 

 

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